La robotique de l'avenir

La robotique sera le prochain secteur porteur

La robolution est entamée et ce n’est que le début. Ce néologisme est issu du livre « Viva la Robolution » écrit par Bruno Bonnell, fondateur d’Infogrames et aujourd’hui président de Robopolis et de Syrobo, deux entités lyonnaises dédiées à la robotique de service.Le titre est assez évocateur et à travers son ouvrage, Monsieur Bonnell tente de nous expliquer pourquoi les robots représentent notre avenir. Mais démarrons plutôt par le commencement.

Le secteur de la robotique

les robots sont deja partout pour bonnelleDurant ces 20 dernières années, Internet a profondément marqué le paysage économique et sociologique. La communication s’est intensifiée et les informations transitent aujourd’hui en temps réel et sont facilement accessibles pour peu d’avoir un terminal mobile dans sa poche. Les géants du web ont été propulsés au sommet en quelques années et les investissements dans le secteur ne cessent de progresser à tel point que l’on pourrait craindre une nouvelle bulle Internet.

La connectivité et l’accès à l’information étant aujourd’hui quasiment universels, nous nous dirigeons à présent vers la suite logique de cette tendance : introduire internet dans les objets, « The Internet of Things » comme se plaisent à le dire les anglo-saxons. Le progrès numérique nous à ouvert le chemin de la robotique, nouvel eldorado socio-économique.

Pour 2013, l’International Federation of Robotics estime le chiffre d’affaires du secteur de la robotique à hauteur de 10 milliards d’euros. C’est relativement peu lorsqu’on sait, par exemple, que celui de la publicité en ligne représente approximativement 27 milliards d’euros rien qu’aux Etats-Unis. Toutefois, cette même fédération prévoit une croissance annuelle du secteur à 3 chiffres ce qui, à l’aube de 2020, valoriserait le marché de la robotique à environ 100 milliards d’euros … on rigole moins.

Ce sont les japonais qui, les premiers, se sont rendu compte du potentiel de la robotique de service et industrielle. Le pays du Soleil Levant investit depuis déjà plusieurs années voire des décennies dans le milieu de la robotique non seulement parce qu’il s’est aperçu de la valeur de ce marché mais aussi parce que ce petit pays insulaire et vieillissant en a besoin que ce soit pour l’enseignement, les soins gériatriques ou encore la construction. Viennent ensuite les européens, allemands, italiens et français en tête, qui ont su prendre le train en marche et se faire une place de choix devant les Etats-Unis qui, malgré quelques manœuvres dilatoires, rattrape rapidement leurs retards.

La guerre des robots

La réalité a bel et bien rattrapé la fiction. Alors qu’au siècle dernier on craignait Big Brother et les robots envahisseurs de l’humanité, aujourd’hui, la NSA est présente dans chacun de nos smartphones et « les robots sont […] partout. Et ce n’est que le début », comme le précise Bruno Bonnell. Et à juste titre …

En effet, on imagine souvent le robot comme un humanoïde capable d’imiter les mouvements, les réactions et les méthodes humaines mais cela va un petit peu plus loin. Le robot est en réalité un dispositif mécatronique (combinaison de plusieurs sciences de l’ingénieures qui sont l’électronique, la mécanique et l’informatique). Ainsi, certains ascenseurs, aspirateurs ou même avions sont des robots à part entière. Des robots conçus pour une seule et même tâche et donc parfaitement designés pour les rendre les plus efficients possible. Les robots humanoïdes, les androïdes, tels que ASIMO, Actroïd DER, Roméo ou encore Nao de la firme française Aldébaran sont eux beaucoup moins opérationnels à l’échelle du grand public et de l’industrie. Ils sont aujourd’hui principalement utilisés pour la recherche. Les robots sont donc « déjà partout ».

Les prémices de l’industrie robotique à l’échelle internationale

Fin 2014, la société Carmat aura terminer les tests à l’échelle humaine de ses cœurs artificiels et sera prête à les commercialiser. Fruit de plusieurs années de recherches et de travail, l’entreprise française va pouvoir implanter le premier cœur conçu par l’homme. Autre évolution majeure : les voitures sans conducteurs. La Suède a récemment affirmé qu’elle sera capable de fournir une centaine de véhicules autonomes d’ici 2017. Google et sa Google Car prétendent de leurs côté que l’automobile du géant de Mountain View sera prête d’ici 2020. Même si ces allégations sont fortement remises en questions par les spécialistes et relèvent sans doute davantage du marketing que de la réalité. On sait à présent que la voiture sans conducteur arrive et que la robotique va donc bientôt bouleverser notre environnement.

EN parlant de Google (parce qu’on ne se lasse jamais d’en parler), la société a récemment placé Andy Rubin à la tête de son département Robotique. Cet ingénieur n’est autre que la tête pensante du système d’exploitation open-source développé par le moteur de recherche pour les mobiles, à savoir Androïd. Non satisfaite d’avoir créer un département,Google a également procédé à une vague de rachats, au total 7 sociétés spécialisées dans la robotique, afin de renforcer ses compétences et d’en faire son cœur de métier. Andy Rubin dispose donc de toutes les ressources nécessaires pour faire de Google un des leaders de la robotique, secteur dans lequel la société californienne manque encore de présence (mais plus pour longtemps).
Bruno Bonnell president de Robopolis specialisee dans la robotiqueCependant, notons que la France n’est pas en reste. En effet, des sociétés comme Aldébaran, Kuka, PoBot ou encore Robopolis s’illustrent à l’international. Par exemple Robopolis, encore elle, est l’une des sociétés dont la croissance est la plus importante en France. Elle a ainsi été récompensée par le prix du Technology Fast 50, organisé par Deloitte, qui récompense les 50 start-ups les plus prometteuses de l’année, et ce pour la troisième fois consécutive. L’entreprise du bassin lyonnais se positionne en cinquième position du classement national avec une croissance avoisinant les 6000 % sur 5 ans avec un chiffre d’affaires qui est passé de 1 million en 2006 à près de 80 prévus pour 2013. La robotique a de beau jours devant elle et il est peu probable que le prochain Steve Jobs sois un informaticien mais bien un roboticien.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *