Médecine robots

L’arrivée des robots dans les hôpitaux !

Le robot d’assistance chirurgicale Da Vinci défraye la chronique depuis maintenant plusieurs mois. Mis au point par la société américaine Intuitive Surgical au début des années 2000, il enchaîne les succès économiques et statistiques mais pose également quelques problèmes …

Médecin opère un patient avec un robot Da Vinci

« Un saut technique pour la chirurgie » …

ROBOTIQUE. – Le robot médical d’Intuitive Surgical s’est déjà écoulé à plus de 2000 exemplaires dans le monde dont 75 % outre-Atlantique – certains ont atterri dans l’Hexagone -. Ce sont plus de 1,5 millions de patients qui, d’après la société, ont été opérés à l’aide de ce robot à la pointe de la technologie médicale.

En France, c’est le CHU de Limoges qui est le premier à s’en être équipé. C’est d’ailleurs dans ce même centre hospitalier que se sont déroulées, en 2008, la première resynchronisation cardiaque à l’aide d’un robot en France (seconde mondiale) ainsi que la première européenne en chirurgie robotique néonatale fin 2011. Cette même année, on notait que 20 % des ablations de la prostate en France se déroulaient à l’aide d’un robot. Au même moment, aux Etats-Unis, 4 ablations sur 5 étaient réalisées par assistance chirurgicale robotique.

Jusqu’ici, pour opérer, nous disposions de la chirurgie classique ou mini-invasive avec la cœlioscopie. La cœlioscopie rend l’intervention moins lourde, mais avec une précision moindre. Le robot combine les avantages des deux techniques puisqu’il permet une vision en trois dimensions et autorise des mouvements de rotation, par exemple, impossibles à effectuer en cœlioscopie classique. Le tout, sans risque de tremblement! »

– Loïc Le Normand, Directeur de l’IUN

Le site Alliancy précise par ailleurs que le robot d’assistance chirurgicale permet une chirurgie moins invasive. A l’instar des propos du docteur Le Normand, Guillaume Mollaret, auteur de l’article, ajoute que cette assistance robotique améliore le confort du chirurgien, sa précision ainsi que son taux de réussite.

… mais un « saut » qui coûte cher !

De son côté, le Docteur Lacoste qualifie l’arrivée du robot Da Vinci sur le marché comme un « saut technique pour la chirurgie » ; et pour cause ! On voit difficilement quels pourraient être les inconvénients de cet outil. Le professeur Marescaux, un des pionniers des opérations par assistance informatique, en est lui aussi convaincu, « à l’heure où se développe la télémédecine » contextualise-t-il, il est difficile de penser « qu’il n’y ait pas d’applications à la chirurgie ».

Le terme de « révolution » est régulièrement repris et fait l’unanimité au sein de la communauté médicale, mais c’est une révolution qui coûte cher. Le robot à 4 bras coûte entre 1,2 et 1,9 millions d’euros selon les modèles sans les consommables et l’entretien qui font rapidement monter la facture à la fin de l’année. Conséquences, les opérations reviennent de 2000€ à 4000€ plus cher et l’investissement doit être rentabilisé ce qui pousse les établissements à opérer le plus possible, au risque de faire des erreurs ou des opérations inutiles, le tout à la charge du client.

Enfin, même si les statistiques sont excellentes, elles sont à relativiser. Les opérations peuvent parfois coûter la vie à cause d’une mauvaise manipulation ou d’un problème technique. Le processus opératoire est également beaucoup plus long … jusqu’à deux fois plus de temps. D’après Intuitive Surgical, cela s’explique par un manque d’expérience. Cependant, David Douglass, ancien employé de la compagnie américaine précise bien que,

Si l’intervenant est mauvais, il reste mauvais avec la machine. »

– David Douglass, ancien employé de Intuitive Surgical

Les résultats du robot ont par ailleurs été discutés par une récente étude parue dans le Journal of American Medical Association. Une des spécialistes à l’origine de ces travaux notait que,

Les hystérectomies classiques et celles assistées par robotique sont associées à la même morbidité, mais l’emploi de la technologie robotique implique des coûts substantiellement supérieurs. »

Journal of American Medical Association

Le robot est un excellent outil mais ne reste qu’un outil. C’est d’abord le médecin ainsi que sa prise en main de la machine qui sont importants. L’investissement est donc intéressant mais doit être fait en connaissance de cause. Il entraîne des charges non négligeables et demande du temps et une formation approfondie. En clair c’est la Rolls des chirurgiens, c’est beau, on est bien assis, mais ça coûte une blinde (surtout aux patients) et c’est pas toujours indispensable !

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